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Rêve du 4 Novembre 2008 (4 mois avant de quitter la France pour le Québec pour un stage)

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Rêve du 4 Novembre 2007
(Quatre mois avant de quitter la France pour le Québec, et pourtant…)

On avait pris l´avion pour Montréal avec quelques autres jeunes. Parmi eux, Julie, une très vieille amie à moi. On était tous des jeunes là-bas, et on s’apprêtait à participer à une sorte de réunion d´échange avec d´autres jeunes québécois. Elle se déroulait dans une immense bâtisse, une espèce de vieille ferme avec de nombreux étages et d’immenses couloirs assez glauques.
Première nuit après notre arrivée. Grosse fête. On allait boire des coups, on riait. Ah ah.
Le lendemain, on arrive dans la banlieue de Montréal avec Julie et les autres jeunes pour rencontrer des professionnels de l´emploi, de l´économie, de l´art. Tous des gens qui avaient eu un parcours fabuleux, qui avaient réussi, et qui venaient nous l´expliquer accompagnés de leurs femmes et leurs enfants.
Les professionnels attendaient leur tour dans une espèce d´immense palier en haut alors que la salle de conférence et de projection était en contrebas. Je m’assois à coté d´un homme d´âge mur qui est justement l’un des gars qui va prendre la parole et expliquer pourquoi il a réussi sa vie en quittant la France pour le Québec. Il est avec sa femme. Je me dis qu’ils sont vraiment mignons. Ils ont soixante piges et ont l´air de s´aimer encore. Ça me fait soupirer. Leurs enfants sont là aussi ; ils sont trois fils, tous beaux. C´est beau, les enfants de la réussite.
Le mec se lève et parle à son tour. Du pourquoi, du comment. Des couilles que l´on doit avoir. Qu´il ne faut jamais le regretter.
Après cette conférence, les participants s´en vont et se rendent dans la salle contiguë, un peu en contrebas également, pour prendre l´apéritif.
Nous, les jeunes des deux pays, on reste ensemble pour discuter et assister à la projection d´un documentaire promotionnel. A la fin de cette projection, on parle un peu avant de se diriger vers le réfectoire. Il s’agit de la salle d’à-côté, où les conférenciers avaient déjà pris l´apéritif.
La fameuse salle est un peu rustique, avec énormément de poutres en bois au plafond. Pas de hiérarchie avec les conférenciers. On est tous mélangés pour déjeuner. Ça me plait. Tout le monde discute. Tout en mangeant, je remarque que certaines personnes quittent la salle tour à tour. Au début, je n’y prête aucune attention.
Et puis à un moment, l´organisateur de la conférence se lève, à dix mètres de moi. Il a un regard halluciné, porte le téléphone portable à son oreille et dit à son interlocuteur : "Fabrice vient de se suicider. C´est horrible…"
Tout en disant ça, il quitte la salle, laisse son assiette, et s´en va de l´autre coté, vers la salle de conférence.
Je commence à flipper parce que le Fabrice en question, c´est justement le jeune homme qui mange a côté de moi. On se regarde lui et moi, on sait pas comment prendre ce que le gars vient de dire, on a l´espoir que c´est une coïncidence peut-être. Il sait qu’il va mourir et il a peur. Je peux le lire aisément dans ses yeux. Et puis je le vois n’y rien comprendre, se lever comme pour subir une pression corporelle. Son corps entre en lévitation et monte jusqu´au plafond où son crâne vient s´écraser entre deux poutres, lentement. Il meurt sur le coup.
A ce moment-là, tout le monde se rend compte qu´il se passe quelque chose d’ignoble dans cette vieille bâtisse et sort précipitamment du réfectoire en courant.
Là, j´ai l’impression de courir deux fois plus vite que les autres.
Quand je me retourne vers les autres largement derrière moi, je remarque que certains d´entre eux se transforment en choses bizarres alors même qu´ils sont en train de courir.
Un gars d´une cinquantaine d´années a du mal à courir. Ses jambes se divisent en deux, puis encore en deux, en s´allongeant, et il se mue progressivement en araignée géante.
Un autre gars plus jeune est en train d´attraper des jambes rousses ambrées, avec du poil, et des sabots, comme les poneys.
Je me retourne et cours jusqu´ à la grange d´où Julie déboule avec son Scénic. Je monte dedans et on se casse à toute berzingue.
Derrière moi, le poney court toujours…
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