Bonsoir Baptiste51,
« En quoi votre vie sentimentale serait-t-elle en ce moment dans un cadre froid et impersonnel?
En quoi serait-t-elle peu engageante? En quoi aurait-t-elle besoin d’être soignée? »
==> Je me suis toujours sentie plus à l’aise dans le célibat que dans la vie de couple. J’aime bien avoir mon espace, du temps pour moi, ne dépendre de personne. Je ne conçois pas non plus la vie de couple de façon traditionnelle et je suis célibataire vraiment pas choix. Pour moi, ce n’est ni une punition ni un choix par défaut. Néanmoins, je nourris quand même des regrets par rapport à certains choix que j’ai effectués par le passé. Je ne suis pas douée pour me laisser aimer ou aimer tout court. Quand quelqu’un me plaît vraiment, ce qui n’arrive pas souvent, je ne parviens pas à me laisser aller et l’autre finit par croire à mon indifférence. Une histoire m’est ainsi restée en tête. Quand j’étais à l’université, un garçon de mon master me plaisait énormément et c’était réciproque. Il a tenté de se rapprocher de moi et de me dire que je lui plaisais pendant près de deux ans. Une fois nos diplômes en poche, il a continué à m’écrire bien qu’en couple mais, entre-temps, j’avais moi aussi débuté une relation avec un collègue que je n’aimais pas, qui ne me traitait pas bien mais que je ne parvenais pas à quitter. A l’époque, j’éprouvais une lourde culpabilité à propos de tout et je me suis sentie responsable de ce garçon. Alors, un jour, écœurée par mon manque de sincérité, je lui ai avoué que j’étais toujours en contact avec un garçon pour qui j’avais des sentiments. Mon ex m’a obligée à le bloquer de partout du jour au lendemain et je l’ai fait, ce qui ne me ressemble pas. Je me disais que je réglerais très vite la situation mais je suis restée en couple avec ce type horrible pendant une année encore et quand nous nous sommes quittés, je n’ai pas osé reprendre contact avec ce garçon qui me plaisait tant tout de suite. L’an dernier, en plein confinement, les souvenirs sont remontés à la surface, j’ai fini par lui adresser un courriel au sein duquel je lui expliquais la raison pour laquelle je l’avais éliminé de ma vie du jour au lendemain sans crier gare, je lui présentais mes excuses en lui indiquant que je n’avais jamais voulu le blesser et l’avais toujours considéré comme un bon ami. Ensuite, j’ai organisé une soirée retrouvailles avec nos anciens camarades du master et il a été l’un des premiers à répondre présent. Il y a participé, nous avons plaisanté, il m’a posé des questions sur ma vie, m’a payé un verre, me taquinait, … Nous ne sommes plus revus ensuite.
« Et si l’on va un peu plus loin dans le rêve, lorsque vous avancez dans votre vie sentimentale, « les stades sont vides » peut-être des sentiments qui n’ont pas abouti ?, donc point d’effervescence , point de fête , point de rivalité , pas de dépassement de soi. Est ce que cela vous parle ? »
==> En effet, cela me parle. En fuyant les hommes qui me plaisent, je fuis aussi l’impression de ne pas être à la hauteur, mon incompétence pour faire fonctionner une relation, mes ratés, la certitude de décevoir mon partenaire.
Ce qui est étrange, c’est que pour toutes les autres formes d’attachement, je m’en sors bien. Je suis connue comme quelqu’un de chaleureux, je tisse facilement des liens, j’aborde facilement les autres,… J’ai des amis adorables et une famille aimante au sein de laquelle je me sens en sécurité. Mais sitôt qu’il y a un rapport de séduction, je bats en retraite.
Cordialement.